dimanche 23 avril 2006
Terré

C'est le mot. Je suis terré chez moi.
De trouille.
J'avais, il y a quelques temps, relaté la très très désagréable soirée que j'avais passé seul chez moi [là].
Hier soir, deuxième épisode. De la même manière, mon voisin a reçu chez
lui un pote. Nous dirons son amant. Laissez moi faire de l'humour à la
con, j'en ai besoin: en plus d'être taré, lâche, bruyant, alcoolique et
psychocon, mon voisin est homosexuel (j'avais prévenu). Son "amant"
donc, lui ressemble beaucoup. C'est bien. En plus agressif, moins
lâche, et franchement violent. C'est moins bien.
Hier
soir, donc, vers 21h00, les festivités commencent. Ca gueule, ça boit.
Ca monte sur l'échaffaudage et insulte Paris tout entier. Nous avons
fait un saut dans le temps, puisqu'à ce moment de l'histoire, il est à
peu prêt minuit. Le type (l'amant violent, pas le voisin lâche),
vient frapper à ma fenêtre. Je n'avais de toute la soirée donné aucun
signe de vie, pas bronché. Mais quand on découvre un nouveau jeu,
autant en profiter. Alors il a commençé à taper violement contre mes
vitres. Et encore, et encore plus fort, en gueulant tout ce qu'il
pouvait. Moi, tout seul dans l'appartement, je commence à flipper.
Surtout qu'il ne s'arrêtait pas. Et je l'entends bouger sur
l'échaffaudage, beugler des trucs en déplacant une échelle métallique,
grands coups dans mes fenêtres. Je tente d'appeller le commissariat:
sonnerie dans le vide, puis interruption de la communication. Par deux
fois. Je compose alors le numéro de l'antenne de police plus prêt de
chez moi, même chose. Moi, assis sur un tabouret, figé, tremblant des
pieds à la tête.
Là, je fais une parenthèse technique. Je croyais qu'il s'agissait d'une expression, "trembler des pieds à la tête". Non. J'étais tellement stressé que même assis, j'avais du mal à garer mon équillibre. Mes jambes tremblaient, mes pieds tremblaient, ma tête, mes épaules. Je ne suis pas un héros, j'étais vraiment mort de trouille.
Je tente alors le 17. "Bonjour, vous avez composé le 17, on va vous mettre de la musqiue pour patienter, parce qu'on aime bien la musique". Rien, rien, rien. J'appelle ma voisine du dessus, qui me dit qu'elle entendait le bruit, et qu'elle avait tellement peur qu'elle était toute habillée (Ah?). Il est environ 00h30, et nous décidons, chacun de notre côté, de retenter le 17. Pendnt tout ce temps là, le type vocifère, donne des coups dans mes vitres. Juste à la limite de passer au travers. Vraiment à la limite. Les rideaux fermés ne me permettent pas d'avoir l'image, lui non plus, mais en ce qui me concerne, le son me suffit largement.
A plus d'une heure du matin, les flics débarquent et trouvent les deux types dans l'escalier. Evidemment, rien d'autre. Rentrez chez vous. Chacun chez soi, l'amant taré s'en va donc.
Je discute 5 minutes avec la voisine.
Je me couche et m'endors dans la seconde, d'épuisement.
Aujourd'hui, passage par le commissariat, qui m'explique qu'ils ne
peuvent rien faire. La dame en bleu voit même de qui il s'agit, elle
est capable de me dire son prénom. " Il est homosexuel, je crois ?".
Moi :
"- Euh oui, mais...
- Mais c'est ça aussi, ces gens, ils font des fêtes, beaucoup de bruit...
- Non, ce n'est pas le problème, ce n'est pas un mondain mon voisin, c'est un taré dans un studio."
Le
malaise est énorme, je sens les larmes monter. Elle me dit qu'une
seconde main-courante ne servirait à rien. Je le sais: les violences de
cette nuit sont une réaction à la première convocation que le voisin a
reçue. Elle me dit alors qu'il faudrait que je porte plainte, mais que c'est
à double tranchant, qu'il faut réfléchir avant.
Je suis donc rentré chez moi pour réfléchir. J'ai fumé plus d'un paquet en quelques heures, j'ai les vertèbres cervicales totalement bloquées, et si je parle au téléphone, je me mets à pleurer.
Je ne suis pas stressé du tout: je suis terré chez moi.
Quant à mon héros de poulé, il était parti pour le week-end chez ses parents. Moi, je devais bosser. J'ai bossé, oui. J'ai réalisé des trucs très rigolos-féminins-légers avec des petites plumes qui volent façon Cherry Chau, des bouquets champêtres et des espadrilles en couleur. Et puis j'ai fini de lire le roman confié par NY, une histoire idyllique qui tourne au cauchemar.
Le temps d'écrire ce post, mon voisin et son "amant" sont partis. Car oui, ce dernier est revenu en fin d'après-midi. Je respire à nouveau un peu, bien que je sois terrorisé à l'idée qu'ils reviennent passer la nuit ici. Ce qui sera probablement le cas.
Voilà, telle fut ma journée.
Mes parents, au téléphone, me conseillent de m'acheter une bombe qui
fait pschit contre les méchants. Oui, d'accord, mais pas avant demain. Joli programme.
Monsieur Poulé me conseille d'aller voir un avocat. Un conseiller gratuit, un truc dans le genre.
Quant à moi, je rallume une autre cigarette. C'est exceptionnel, promis, je ne vais pas me remettre à fumer.
Et j'observe par ma fenêtre ce ciseau à pierre, outil laissé par les ouvriers sur l'échaffaudage.
Je le regarde parce que je sais qu'il n'était pas ici, hier.
Commentaires
holala ! quelle horreur ! je ne vais être d'aucune utilité mais je compatis à fond....
prends ce ciseau et planque le chez toi !
ensuite, essaie une médiation ... mais ne reste pas dans le statu quo ... ça va te bouffer.
à ta disposition si tu as besoin.
Pareil que wam.
Pour la plainte, "double tranchant" peut-être mais, par principe, j'irais la déposer. Et prendrais le truc qui fait pschittt.
C'est une agression, violente de surcroît...
En cas de stress trop important tu prends ton téléphone portable, tu appelles et tu viens dormir ici. Mieux vaut un taxi qu'un affrontement avec 2 cons éméchés.
@Capitan> Oh l'autre hé comme il veut en profiter !
Chronolog, as-tu vérifié, à tout hasard, que ton voisin ne porte pas un peignoir bizarre ? ...
Merci Le Capitan, mais il a les clés ! C'est avec son voisin que le courant ne passe pas... ;o)
beuahhhh c l'auberge espagnole à la maison... J'pensais pas à mal...
Dommage... ;-)
(Je vais me faire taper sur les doigts, moi...)
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