mercredi 22 novembre 2006
Jeunes livres et vieux démons.

Paris, Porte de Montreuil: Championnat
de France de football amateur. © Collection Roger-Viollet
Madame Littré (épouse de) trouva un jour son célèbre époux dans les bras d'une domestique.
L'histoire raconte qu'elle s'exclama "Je suis surprise!" et qu'Emile Littré répondit:
"Non, c'est
nous qui sommes surpris. Vous êtes étonnée."
Avant de partir, je n'étais pas d'humeur à y aller. Je sentais encore le truc venir où j'allais me retrouver à crever de chaud, à ne connaître personne, et à ne même pas pouvoir parler aux plantes vertes (ce qui est mon habitude) car je savais qu'il n'y en aurait pas. Et bien cela fut presque le cas. Presque. En fait non, ce ne fut pas le cas. Les gens que j'ai rencontré là-bas étaient tous sympathiques et chaleureux. C'est moi tout seul qui déconnais.
Le hasard a fait que le lecteur de ce blog que je devais retrouver sur le Salon des bouquins en couleurs pour la marmaillle a pris le même métro que moi. Nous nous sommes donc croisés sur le quai. Croisés, car évidemment tout le monde allait vers une sortie (il était évident que tous ces gens allaient eux aussi au Salon) et un seul imbécile remontait la foule pour sortir à l'autre bout de la station, moi. C'est pour cette raison que nous nous sommes croisés. Le jeune homme m'a gentiment fait remarqué qu'il y avait des flèches sur tout la longueur du quai indiquant le Salon. Bon d'accord j'avais pas vu, elles étaient toutes petites, hop demi-tour.
A l'entrée, nous décidons de nous retrouver plus tard dans la soirée, et je cherche déjà dans quelle direction partir pour trouver le stand de mon éditeur. Il me dit c'est juste là en face, regarde. Et moi, je ne vois rien. Mais si, juste devant...
Je m'éloigne donc, le temps de me recomposer une dignité. Je ne vois toujours pas le stand...
A la découverte des ouvrages que j'ai illustrés, j'ai un peu de mal à avaler ma salive. Je trouve ça tarte et grossier, lourd, sale, moche. Il va falloir que je paramètre plus précisemment l'écran sur lequel je travaille, je ne sais pas, mais je trouve ça vraiment vilain.
J'en suis donc à accuser le coup, et je commence comme prévu à avoir chaud. Mon manteau, une fois enlevé, m'embarrasse aussi comme prévu. Je discute alors avec la dame de la Maison d'édition, toute gentille et chaleureuse comme d'habitude.
Bu: un verre de vin rouge. Mangé: un bretzel.
Puis je commence à me ballader dans les allées, avec la ferme intention de repérer quelques éditeurs que je pourrais, plus tard, démarcher. Mais la foule rend la chose impossible, des femmes en cols roulés noirs avec de gros colliers jouent des coudes pour accéder aux buffets sur les stands, et des hommes en pulls beiges chinés, un gobelet à la main, empêche tout accès aux bouquins. Cela me semble alors évident, je vais passer une soirée de merde. Là, à ce moment précis, j'en ai marre. J'ai chaud, j'ai soif, j'ai faim, je suis de mauvaise humeur, et un soupçon d'agoraphobie commence à poindre. Petite angoisse bien connue, oubliée depuis longtemps...
Bu: rien. Mangé: deux petits feuilletés piqués chez Gallimard.
Je discute avec une dame sur un petit stand un peu isolé. Leurs bouquins sont jolis, tout simples, et cela repose des délires d'esthètes des directeurs de collection. Elle me donne les coordonnées, et je mets bien 5 minutes à ouvrir cette putain de poche de merde à l'intérieur de ce putain de manteau Paul Smith à la con pour à la fin, sortir victorieusement une carte de visite.
Comme convenu, j'appelle le garçon dont je parlais un peu plus haut. Je suis censé le retrouver.
"-Tu es où?
- Là juste en face de toi!
- ... ?
- Mais si, je te vois !
- Pas moi...
- Avance tout droit, je viens à ta rencontre."
Chronolog, définitivement idiot.
Il est tout drôle, tout gentil, tout souriant, peut-être un peu pompette. Des amis à lui, ainsi que son chéri, papotent avec, eux aussi, un verre à la main. Il n'y a que moi, en fait, qui crève de soif dans ce salon ou quoi? Mais là, je suis enfin recueilli et nourri. Il me demande des nouvelles de Raoul (!) ainsi que le vrai nom de Monsieur Poulé. Il me montre son travail, m'explique avec humour
ce qu'il fait, ce qu'il aime faire et ce qu'il doit faire. Là, je
prends le temps, je respire. Je découvre des trucs, je regarde les bouquins, je tente de reconnecter mon cerveau à la réalité, et
d'être à nouveau capable de formuler des phrases sujet/verbe/complément. Bon, ce que je me dis, c'est que si tous les
lecteurs de ce couillon de blog sont comme lui, alors cela est une
bonne nouvelle.
Bu: un verre de Coca. Mangé: trois biscuits.
Voilà. Je rentre à la maison, à la fois content de ma courte soirée et de cette rencontre, juste un peu frustré de n'avoir pas eu plus de courage et surtout étonné d'avoir senti remonter à la surface ce début de malaise un peu idiot. Nous mettrons ça sur le compte de la chaleur, de la faim, de la foule. Je retrouve mon petit hibou qui m'attendait.
Depuis, il est là, tout ronronnant, et semble heureux de me retrouver.
Il me court après pour jouer et ne me lâche pas d'un pouce.
Mangé: du canard à la figue de chez Picard et un yaourt à la vanille.
Ca manque de caféine

Grand ciel bleu au dessus de la capitale, une bonne trentaine de pompiers arrêtés hier lors de la manif et Sarkozy qui les menace, une tasse de café devant moi et un chat roulé en boule derrière moi qui pousse pour me virer de ma chaise, Bing Grosby à l'instant où je tape ces lignes (je vais tenter de trouver la chanson sur le web pour donner une ambiance plus précise à ce post - si je la trouve, elle sera à côté de la photo, elle ira très bien (I've got a pocketful of dreams - 1938), c'est de ces quelques éléments disparates que je tente de donner former à ma journée ce matin.
Cela se devinera très vite, alors autant l'annoncer de suite, je suis à peine réveillé, et je vais encore bavarder un peu, comme d'habitude. D'abord, oui, j'ai trouvé la chanson. Pas par Bing Grosby comme à la radio, mais cela donne quand même une idée de l'esprit dans lequel je suis (en plus de vous instruire et de vous parler de la programmation... irrationnelle de Fip.
En choisissant cette photo d'un touriste devant l'Opéra Garnier, cela me rappelle les images que j'utilisais pour "l'ancien" Chronolog. A la différence que cette photo a été prise en compagnie de Monsieur Poulé. Non non je n'ai pas de complexes: lui même m'a appellé hier soir (alors qu'il venait me rejoindre) pour me dire qu'il était entouré de tout un groupe de pompiers, chacune de ses phrases vibrait de désir... J'te jure, faut supporter, hein.. En même temps, s'il m'appelle pour me le dire, ça va.
Ce soir donc, inauguration du Salon des gens qui font des trucs avec de la couleur dessus à Montreuil, et c'est bien. Je vais y voir des gens que je connais, et y rencontrer un lecteur de ce blog. Le monde est petit.
J'ai rarement entendu un plus mauvais album que le dernier machin de Charlélie Couture. J'ai le souvenir, il y a quelques années, d'aimer ce qu'il faisait. Désormais, il semble avoir ressorti des textes de l'époque du collège, de pauvres mélodies et des arrangements ringards, enfin bon, un gros caca. Je n'invente rien:
"Eh oh aïe aïe eh oh (Bis)
Que tu sois le roi des rois ou une tête de pion
Quand on te rejette ça fait mal, t'inquiète pas c'est normal,
Même à Spielberg, on a dit non"
Ca va loin... Encore un peu, il ajoutait "Ma prof de math est une salope et j'emmerde mes parents". Bon, on va pas passer le réveillon là-dessus. J'ai nettoyé deux fois les pattes arrières de Raoul ce matin parce que lui aussi il fait des gros cacas et qu'il marche dedans, alors je vais changer de sujet.
Non, mieux, je vais me refaire un café. Et toc.
Bonne journée !