Chronolog

Encore là ?

vendredi 25 janvier 2008

Diego + Francisco = enculés

mo
Gerhard Knapp, Allemagne, 3ème prix 2007 de sa catégorie.


Hier soir, j'avouais à Monsieur Poulé que j'avais un doute au sujet de l'expo à venir. N'était-ce pas une erreur monumentale que de vouloir inviter tous mes clients, mes éventuels, mes à venir, et le plus de monde possible au vernissage d'une expo que je n'assume pas vraiment? Exposer ces toiles, d'accord. Mais quel intérêt de les montrer autant si c'est pour décevoir, ennuyer, et finalement pour que les personnes invitées se demandent ce qu'elles font là ? Là, Poulé s'est décomposé, j'ai du lui rappeler où était sa cuisine, et ce matin, il a acheté un seau sur internet. Comme quoi je l'avais bien perturbé.

Parce-que juste avant qu'il n'arrive, le poulé, je regardais pour la première fois "Le Journal de la culture": un court sujet sur Velasquez. Et plus précisément sur l'évolution du traitement des visages au cours de la vie de Velasquez. Putain de bordel de merde d'enculé de sa race de salopes d'infantes. Voilà c'est dit. Et puis ce matin, pour me faire mal, j'ai cherché un peu sur le net des peintures de Zurbarán. J'ai était déçu, je n'ai trouvé que des images de très mauvaises qualités. Et finalement, j'étais bien content aussi, parce que cela m'a évité de me jeter par la fenêtre après avoir jeté les toiles elles-mêmes.

Sans vouloir me la jouer ceci ou cela, comme je comprends les peintres qui, un jour ou l'autre, détruisent leur toiles! Quel sentiment de rage, de honte, de temps perdu, quelle vexation et quelle claque! Quelle inutilité... Non, ce n'est pas une révélation, non ce n'est pas un scoop, la question n'est pas là. Je n'ai pas, pendant des années, vécu isolé de tout, dans une grotte, nourrissant le rêve secret de révéler au monde ébahi mon génie artistique. Je n'ai pas, à la sortie de la grotte, plissé les yeux sous la lumière du soleil et découvert que d'autres hommes, avant moi, avaient peint. Ce n'est pas ça.

J'ai toujours su qu'il fallait une énorme dose d'humilité pour oser prendre des pinceaux. La visite d'un ou deux grands musées peu suffire à prendre la mesure de l'inconscience, de l'humilité, et finalement de l'autodérision dont il faut faire preuve quand on se saisit d'un tube de peinture... Il faut donc faire abstraction, oublier, et ne plus penser qu'à soi. Travail que je n'ai pu réaliser enfin que des années après avoir quitté les Beaux-Arts. Et je les ai fait mes portraits, bordel!

Et puis hier, il y avait ces gros plans sur les visages de Velasquez, les lumières, les absences, les flous, la maitrise hallucinante de la couleur,... Et cela m'a replongé dans tout ce que j'avais fuit, tout ce qui m'avait toujours empêché de peindre. J'entends ceux qui soupirent en me répondant "Il y a plein de gens qui font plein de choses et qui les montrent. Pourquoi pas toi? Pas besoin non plus d'être Velasquez!"
Et bien si, justement. Sinon, à quoi ça sert, à part me faire plaisir? Dans ce cas, je peux faire des gâteaux, de l'harmonica ou des lustres en papier, et ne pas emmerder le monde avec mes horreurs.

Tout cela pour me retrouver dans le rôle de l'enfant qui appelle sa mère pour lui montrer son beau caca? Non merci.

Velasquez est un enculé, et Zurbarán aussi.

Surtout Zurbarán.

zur

Posté par Chronolog à 08:13 - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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