Chronolog

Encore là ?

mardi 19 février 2008

El choclo *

tan
El pero tiene más amigos que la gente, porque mueve mas la cola que le lengua.
(Le chien a plus d'amis que les gens car il remue plus la queue que la langue - Proverbe argentin, parait-il).

Dans une semaine, Poulé réalisera tout seul ce qui était MON fantasme à moi. Enfin je ne suis pas certain qu'il réalisera exactement ce dont je rêve, mais il s'en approchera. Et je suis donc très jaloux.

S'il existe des lecteurs ici qui ont l'habitude de me lire, ils savent combien je n'ai pas peur du ridicule. Alors aujourd'hui, j'ajoute une couche supplémentaire en décrivant une sorte de cliché gravé au fond de ma tête (vraiment tout au fond). Très jeune, j'avais une sorte de fascination pour une image, un personnage dans un décor: un type à la Bogart dans les bas-fonds de Buenos-Aires.

Un smoking blanc froissé, le col ouvert, accoudé à un piano. Il doit être approximativement quatre ou cinq heures du matin, et le barman refuse de servir le dixième whisky. Quand j'écris "à la Bogart", c'est pour la virilité élégante et désabusée. Mais pour être plus précis, mon Bogart à moi a évidemment les cheveux gominés. Car nous sommes à Buenos-Aires, et tout le monde sait que là-bas, les hommes sont tous gominés. Cependant, mon personnage n'est pas un Argentin. Il est venu se perdre dans ce bar on ne sait comment. Un aventurier en smoking, mal rasé, un cliché énorme à lui tout seul. Encore un peu, l'image pourrait être en noir et blanc.

Enfant, je me suis souvent imaginé dans le peau de ce type, moi qui ne suis ni brun ni gominé, qui n'ai pas de smoking blanc, qui ne bois pas de whisky et, pour conclure, qui n'ai jamais mis les pieds à Buenos-Aires.

Je n'ai donc pas peur du ridicule, CQFD. Mais franchement, ce rôle, il est fait pour moi, pas pour un petit Poulé, cela ne ressemblera à rien du tout. Ils ne le laisseraient même pas entrer, alors...

* : "El choclo"... Je ne sais même pas ce que ça veut dire.

Posté par Chronolog à 08:39 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Un genre de Carlos Gardel version Play it again Sam n'est jamais ridicule même à l'âge d'homme. C'est la vraie vie. Comme dans Happy Together où l'un des héros travaille dans un vieux bar à tango dans la banlieue de Buenos Aires.C'est beau.

Posté par sebald, mardi 19 février 2008 à 12:10

C'est exactement ça !

Posté par Chronolog, mardi 19 février 2008 à 12:12

yeah ...

Posté par wam, mardi 19 février 2008 à 14:57

Je suis absolument ravie : très intéressée par le sujet, j'avais décidé d'approfondir un peu cette leçon du jour en allant fouiller sur youtube pour entendre Carlos Gardel. Et j'y ai trouvé sa magnifique interprétation de mon tango préféré. Sebald, dansez-vous le tango?

http://www.youtube.com/watch?v=AGrDh5OLS-M

Posté par Sylvia, mardi 19 février 2008 à 19:21

Sylvia, enfin. Toutes ces années passées à arpenter les trottoirs de Buenos Aires à petits pas chassés, à me plier méthodiquement et sans relâche à l'enseignement de cette discipline par le grand maître du genre, Valdès, à me soumettre aux exigentes lois de la virilité dansante qui prescrit sourire béat et fantaisies virevoltantes en imposant mordage intérieur et permanent de joues, regard indifférent mais de braise quand même... non, je n'aurais pas souffert pour rien. Donnez-moi votre bras, Sylvia querida.

Posté par sebald, mercredi 20 février 2008 à 12:34

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