mardi 19 février 2008
Antoine...

Je rentre d'une course (ça fait très dadame, comme expression). Et pour des raisons professionnelles, j'ai ramené trois hommes à la maison. Grachus est pas mal, Victor est mieux. Mais sans conteste, mon préféré est Antoine. Belle gueule, Antoine. La petite jupette qui laisse deviner des cuisses puissantes, le sourcil volontaire, tout bien, le Antonius Faustinus. Car c'est là son vrai nom. Victor se nomme Grandiosus Victor: cela signifie en argot de l'armée Romaine "Victor le bien-monté" (car il est sur un cheval, métaphore évidente...). Quant à Grachus, qui semble très viril -avec tout-de-même de grands cheveux blonds style Rahan- et finalement assez stupide, Grachus donc s'appelle Grachus tout-court. Certains collègues doivent se foutre de sa gueule avec ses grandes mèches décolorées ("Ouaaa Grachus la tarlou-zeuh")...
Alors on peut se demander pour quelles raisons professionnelles j'ai du acheter trois figurines "Epixx" de chez Revell. Parce que je dois représenter sous toutes leurs coutures des soldats et des chevaux, et que je ne vais pas passer 10 heures à chaque fois pour que mon cavalier soit correctement assis sur un cheval tout tordu. Comme ça, j'ai des modèles de base.
Bien. Maintenant, venons-en au coeur du sujet: ces figurines plastiques en jupettes portent-elles des culottes? Ne me dites pas que vous n'avez jamais regardé sous la jupe de Barbie ou de la Schtroumpfette? Ou encore sous les jupes des cartes postales? Les petites bonnes-femmes en costume traditionnels avec une jupe recousue sur la carte postale? Nous sommes d'accord, cela intéresse tout le monde.
Et bien je peux le dire: si Antonius-les-Belles-Cuisses et Victor-Grosse-Bite ont des dessous peints de la couleur de leur jupe, Grachus-la-Grande-Blonde, lui, se ballade le cul à l'air. Ouais.
Morale de l'histoire (elle va être difficile à trouver, laissez moi deux secondes)...
El choclo *

El pero tiene más amigos que la gente, porque mueve mas la cola que le lengua.
(Le chien a plus d'amis que les gens car il remue plus la queue que la langue - Proverbe argentin, parait-il).
Dans une semaine, Poulé réalisera tout seul ce qui était MON fantasme à moi. Enfin je ne suis pas certain qu'il réalisera exactement ce dont je rêve, mais il s'en approchera. Et je suis donc très jaloux.
S'il existe des lecteurs ici qui ont l'habitude de me lire, ils savent combien je n'ai pas peur du ridicule. Alors aujourd'hui, j'ajoute une couche supplémentaire en décrivant une sorte de cliché gravé au fond de ma tête (vraiment tout au fond). Très jeune, j'avais une sorte de fascination pour une image, un personnage dans un décor: un type à la Bogart dans les bas-fonds de Buenos-Aires.
Un smoking blanc froissé, le col ouvert, accoudé à un piano. Il doit être approximativement quatre ou cinq heures du matin, et le barman refuse de servir le dixième whisky. Quand j'écris "à la Bogart", c'est pour la virilité élégante et désabusée. Mais pour être plus précis, mon Bogart à moi a évidemment les cheveux gominés. Car nous sommes à Buenos-Aires, et tout le monde sait que là-bas, les hommes sont tous gominés. Cependant, mon personnage n'est pas un Argentin. Il est venu se perdre dans ce bar on ne sait comment. Un aventurier en smoking, mal rasé, un cliché énorme à lui tout seul. Encore un peu, l'image pourrait être en noir et blanc.
Enfant, je me suis souvent imaginé dans le peau de ce type, moi qui ne suis ni brun ni gominé, qui n'ai pas de smoking blanc, qui ne bois pas de whisky et, pour conclure, qui n'ai jamais mis les pieds à Buenos-Aires.
Je n'ai donc pas peur du ridicule, CQFD. Mais franchement, ce rôle, il est fait pour moi, pas pour un petit Poulé, cela ne ressemblera à rien du tout. Ils ne le laisseraient même pas entrer, alors...
* : "El choclo"... Je ne sais même pas ce que ça veut dire.