lundi 31 mars 2008
Un air de printemps



D'autres choses

Apparemment, je me suis calmé. J'ai achevé le portrait de Monsieur Poulé, j'ai bien failli achever Poulé aussi ("Ouh ben mes yeux ils sont pas comme ça, et puis ma bouche non plus, et puis j'aime pas ce portrait et puis gnagnagna..."). Exactement le genre de choses que l'on a envie d'entendre juste avant un vernissage. Enfin la chose est réglée. Le portrait est achevé et Poulé est encore vivant.
Je n'ai pas du tout envie d'écrire ce matin, pas plus que les autres jours d'ailleurs. Ma tête est ailleurs, on s'en douterait. Je regarde la météo, je me dis que s'il pleut toute la journée du vernissage il n'y aura personne pour avoir le courage de ressortir en fin de journée.
Non, je n'ai pas envie d'écrire. D'autres choses à faire, mais je ne sais plus trop quoi, finalement.
PS. La peinture du post précédent est de Gustave Doré, et appartient au Chrylser Museum (là).
Et pour le reste, moi, mon souvenir de Richard Widmark, c'est avec Marylin Monroe et Anne Bancroft dans "Don't bother to knock".
vendredi 28 mars 2008
Je ne suis pas de mauvaise humeur.

Non, c'est bien pire. Je suis prêt à massacrer quiconque se mettrait en travers de mon chemin. Je ne supporte rien ni personne. Je suis tellement énervé que je suis presque dans un état de colère constant.
Cela a commencé par un coup de blues. J'avais bouclé en quelques jours un dossier pour la Drac, je suis allé le déposer moi-même ce matin, dans les temps. Tout allait bien. Et puis en ressortant, j'ai pris mon temps, je suis revenu à pied en ralentissant le pas. Et là, paf dans la gueule, une petite descendante de moral. L'après-coup peut-être. Pourtant ce dossier ne m'a pas demandé une énergie incroyable, je n'y mets pas non plus tous mes espoirs, c'est un truc traité un peu à la légère. Cela n'a rien empêché. J'ai eu un coup de cafard.
Et puis l'humeur a pris un autre tour. J'ai détesté sincèrement, profondément, tout être vivant qui se trouvait sur mon chemin jusqu'à la maison. J'ai même haï toute trace d'être vivant: une poubelle en travers du trottoir, une voiture à moitié sur un passage piéton, j'étais prêt à exploser la moindre poussette dès la première occasion.
C'était ce matin. Il est bientôt 16h00, et je ne me suis pas calmé. Même la programmation de la radio m'énerve. Il y a un truc qui fait du bruit dans l'immeuble, je ne sais pas, un volet mal fixé chez un voisin, il y a du vent, et ça m'énerve, vous n'avez pas idée comme ça m'énerve.
Bon. Vous là qui faites les malins, c'est de qui, cette peinture? Un indice ? Bon d'accord. C'est un Français super connu, mais pour d'autres choses que ça. Ca ne vous aide pas? Je m'en fous. Et puis il n'y a rien à gagner. Aaah que je suis énervé! Et comment veux-tu que je prenne un pinceau aujourd'hui, il ne fait même pas jour? Temps de merde. Peinture de merde. Expo de merde.
Quoi? Qu'est-ce t'as ?
mercredi 26 mars 2008
Broumpf.
Je n'ai pas envie de bosser, pas envie de ne rien faire, pas envie. Il fait gris et froid. Pas envie de peindre non plus. Pas envie de rien.
Une raison de se réjouir pourtant, j'ai découvert ce blog. Et j'ai donc enfin pu mettre la main sur "Harlem Nocturne" interprété par Willis Jackson. Ca, c'est une vraie raison de se réjouir.
Raoul semble s'habituer à son nouveau panier trop petit, il ressemble à une terrine avec un couvercle en forme de lapin. Il me fait rire, il semble faire la gueule. Comme moi.
Je suis actuellement envahi par une vague de spams, "Orgasmic wonderland", "Make her wet and ready", "Stripping for pleasure" et autres "9 inches perfect" (mais que faire de neuf pouces quand on a dix doigts, je vous le demande?).
Allez j'y retourne.
(Mais où, je vous le demande?)
mardi 25 mars 2008
Y'a pas photo
Poulé est en vacances. Moi non. Résultat, il est là, à la maison, à bricoler ses trucs, pendant que je suis censé travailler. Et j'ai du mal à m'y mettre.
J'ai passé ma fin d'après-midi, hier, non pas à revenir de Rome sur une cloche, mais à bricoler un panier pour le chat. Finalement, il est à peine plus grand que le premier, et Raoul semble le snober royalement, préférant toujours un fauteuil ou un vieux carton. Je ne suis pas vexé du tout, j'ai juste l'impression d'avoir fait tout ça pour rien. Pourtant il est joli, mon panier... J'ai même mis de la mousse de partout dans l'appartement au moment de la découpe, c'est dire si je me suis donné du mal.
J'ai repris une toile, ce matin. Une ancienne, que je trouvais assez ratée. Une deuxième couche, plouf plouf, et hop un tableau tout neuf ! Non, il n'y a pas photo, c'est beaucoup mieux (au moins, c'est exposable). Je vais éviter de m'étendre sur le stress qui monte à l'approche de l'expo. Je n'ai toujours pas d'encadrements, pas de glaçons non plus, et pas de véhicule. A part ça, tout va bien.
J'ai rendez-vous dans une rédaction à midi, il va falloir que je songe à me préparer. J'attends aussi la livraison d'une imprimante pour remplacer l'ancienne. Et puis voilà, la vie quotidienne quoi.
dimanche 23 mars 2008
Bon week-end à Rome !
samedi 22 mars 2008
Pan !
"Il n’ira pas au bout de son mandat"
Françoise de Panafieu au sujet de Bertrand Delanoë.
Quelqu'un peut m'expliquer ?
Un truck en plumes

Hier soir, un peu avant 20 heures, j'ai rejoint Monsieur Poulé devant le Théâtre de Chaillot. Sur scène, une équation mathématique défiant toute logique: deux femmes, trois hommes, vingt-quatre personnages et des millions de dollars. Ça, c'est pour faire simple.
En vérité, je penche plutôt pour l'hypothèse suivante: ces gens-là, monsieur, sont totalement givrés. Car il ne faut pas imaginer une suite d'actes avec des petites histoires bien séparées à l'intérieur desquelles chaque comédien aurait un rôle différent. Non. Nous avons bien vingt-quatre personnages en même temps.
Mais je ne veux pas réduire ce qui se passe là, sur scène, à une performance hallucinante de trois heures. Si j'évoque cela, c'est justement parce que cette complexité et cette énergie donne à la pièce des allures de truck américain qui vous fonce droit dans la gueule. Un machin énorme avec des sirènes et des chromes, lancé à fond de cale sur scène. C'est américain, c'est Las Vegas, ca clignote et ça boit, ça joue et ça se perd, ça craque et c'est du lourd. Comme une machine dont chaque pièce s'emballerait et dont les boulons commenceraient à vibrer dangereusement.
La dernière image que j'ai, ce serait un personnage de cartoon, genre le coyote de Beep-beep, tout aplati sur l'asphalte après le passage du truck en question. Et ça, ce serait pour évoquer l'état du public qui met quelques instants avant de commencer à applaudir, à la fin. Un temps où l'on accuse le coup. Parce que c'était énorme.
"La Estupidez de Rafael Spregelburd au Théâtre National de Chaillot
Mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo / Élise Vigier
Avec Marcial Di Fonzo Bo, Marina Foïs, Pierre Maillet, Grégoire Œstermann et Karin Viard
Jusqu'au 4 avril 2008
à 20h, dimanche à 14h30, relâche le lundi.
Et on réserve là.
vendredi 21 mars 2008
J'aime la poste.

Ca, c'est du grand art. Se rendre dans un bureau de poste pour tenter de résoudre un problème, c'est digne d'un happening surréaliste pour caméras cachées. J'étais déjà passé il y a quelques semaines pour commander une carte Pro - que je n'ai toujours pas reçue (la société à qui la Poste fait fabriquer les cartes m'a appelé moi parce qu'ils ne réussissaient pas à joindre la poste, leur fax étant illisible).
Et quand j'y suis retourné, le tarif de "gros" était passé de 36 à 38 centimes. Ça nous a pris une heure parce qu'ils n'avaient pas de timbres à 38 centimes. Ouais. Et ça complique les choses, quand on est employé de la Poste. Moi, croyant être utile, je dis "Mais sinon, vous n'avez pas des machines à affranchir?". Réponse "Tout à fait, mais c'est autre chose, cela vous coûtera plus cher si vous voulez les faire affranchir au lieu de coller vous-même les timbres". Quand je lui ai répondu que c'était pour résoudre leur problème de timbres à eux, j'ai senti le vide intersidéral passer dans les yeux du monsieur derrière son guichet: il n'avait pas de problème. Si cela devait mettre quatre heures pour réussir à facturer 38 centimes un timbre à 36, il y passerait quatre heures. Où est le problème?
Et jusqu'au bout, les employés de la poste se seront montrés à la fois aimables et incompétents. Ca vient d'où, ça? Ils sont comme ça "avant" et c'est pour ça qu'on les embauche, ou alors c'est à force de bosser dans un bureau de poste qu'on devient aussi bête? C'est drôle, mais je n'ai jamais eu aucun a priori, je suis même plutôt positif comme garçon. Et respectueux. Mais l'expérience est équivalente à ma dernière visite dans un commissariat. Vous y allez "normal", et vous en repartez abasourdi par ce que vous venez de vivre.
Enfin j'y suis retourné aujourd'hui, avec toutes mes enveloppes triées, classées, affranchies,... Pour finir, j'ai demandé bêtement trois carnets de timbres (hein, ça c'est simple, vous êtes d'accord) pour affranchir quelques invitations supplémentaires de dernière minute. Il m'a regardé en me disant: "je n'en ai plus qu'un, vous n'en voulez pas des jolis?" Moi "oui d'accord". Des timbres "Droopy et ses amis"... Poliment, je lui ai dit que pour du courrier perso, oui, mais que là, franchement, ce n'était pas possible. Il a soupiré, s'est levé dans un effort ultime, et a tendu la main vers un placard qu'il a du ouvrir. Et là, il a sorti des carnets de timbres normaux.
Enfin nous y sommes, les invitations sont parties. Au total, 312. Trois / cent / douze. Troicendouze. Trois fois cent et trois fois quatre. Enfin plein. Là, je ne peux plus reculer. C'était le cas avant, mais là vraiment, avec cette étape (pardon, cet obstacle) franchi, les choses prennent encore plus corps. Et encore merci à la Poste pour acheminer si glorieusement mon sésame vers une nouvelle boite d'Euphytose.
jeudi 20 mars 2008
Comme un pigeon, j'ai les cheveux longs.

C'est bientôt Pâques. J'ignore pourquoi je commence comme ça ce matin, mais je vous informe qu'il est grand temps de commencer à faire cuire des œufs pour les cacher dans vos bacs à géraniums. Avec un peu de chance, le chat en trouvera un et jouera avec.
Hier j'ai observé sur le toit d'en face la scène suivante. Le long de la gouttière, de gauche à droite: une pigeonne gris clair, un gros pigeon mâle gris foncé, et à droite, un petit pigeon mâle, gris clair. Le gros pigeon mâle, au milieu, s'en prend au petit pigeon. Il le pousse, le fait reculer, se gonfle pour l'impressionner et l'éloigne assez violemment. Le petit pigeon, en marche arrière, ne résiste pas. Il remonte ainsi tout le long de la gouttière, l'autre continue à le faire reculer, le petit arrive au bout du toit, et finalement en bout de course, cède et prend son envol pour s'éloigner. A la même seconde, la pigeonne, restée seule de l'autre côté, a pris son envol, a contourné le gros pigeon foncé et est partie rejoindre le petit gris. J'ai fait un bras d'honneur au gros pigeon foncé, resté seul sur le toit: "Bien fait pour ta gueule de gros con d'pigeon". Confirmation donc, nos femmes n'aiment pas les machos. Et moi j'ai une vie incroyable.
J'ai des trucs à faire aujourd'hui. Plein. Mais il est encore un peu tôt, (à peine plus de huit heures), je suis encore jeune et le soleil brille: je vais donc me refaire du café. C'est le moment de vous mettre un peu de musique en vous souhaitant une bonne journée.
