Chronolog

Encore là ?

mercredi 30 avril 2008

De l'importance des italiques.

1. Monsieur Poulé me dit "Je vais m'occuper de louer le véhicule pour le démontage de l'expo". Résultat, c'est pas possible, ça marche pas, c'est trop tard, il n'y a plus, c'est ferié, et voilà. S'il te plééééé amour, tu nous trouves une solution, dis?
2. Mon ordinateur ne trouve toujours pas le clavier. Du coup, je n'ai plus d'ordinateur du tout, je ne sais pas ce qui se passe. J'ai même branché mon clavier sur le portable de Poulé, il fonctionne parfaitement. Alors quoi? Je ne peux donc pas travailler.
3. Il fait un temps pourri de merde depuis lundi, et l'expo ressemble à une chambre funéraire. On va finir par me retrouver tout sec tout mort tout seul là-bas dedans. On se croirait en novembre.
4. Si jamais mon petit American worker vient encore me rendre visite aujourd'hui, je tenterai de le prendre en photo. Rien que pour vous... Poulé va finir par me faire la gueule. J'adore quand il est un peu jaloux.
5. Ce soir, Collègue préférée vient me chercher à la sortie de l'école. On va aller prendre un verre. Je ne vais pas la prendre en photo, elle est vraiment trop vilaine (j'écris cela uniquement parce qu'il y a de grandes chances pour qu'elle lise ces lignes, sinon ce ne serait pas drôle).

Posté par Chronolog à 09:07 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 29 avril 2008

Faut-y qu'on s'aime...

Mon gentil ordinateur, ce matin, a décidé de ne pas trouver le clavier. Du coup, il affiche un message du genre "Je ne trouve pas le clavier / tapez F1 si ceci, tapez DEL si cela, Enter si je sais plus." Enfin il me prend pour un con. Cela ne m'empêchera pas de venir squatter la petite chose portable et élégante, propriété de Monsieur Poulé. C'est donc à lui que vous devrez ces quelques lignes inoubliables.
Hier, alors que je me morfondais ("dans quelque pub anglais...) entre mes toiles, est entré un jeune homme bien fait de sa personne, tout mignon sexy gentil joli bien élevé. Une sorte de Monsieur Poulé, mais version "J'arrive du Connecticut". Il était perdu, ce petit américain, il ne connaissait pas grand monde, et du coup, il est resté plusieurs heures à me tenir compagnie. Et blablabla tout en anglais, cela me distrayait, parfois je ne l'écoutais plus vraiment parce qu'il avait de jolis yeux, et je me disais que cela me changeait des vieilles dames un peu folles qui me parlent de la dimension religieuse de mon travail. Lui me parlait de sa découverte de Paris, de son pays, de son métier (il grimpe sur des poteaux électriques pour réparer des machins, brrrr sexy), enfin il n'a jamais mangé de grenouilles et trouvait les français très gentils. J'avais envie de lui répondre "Avec ta petite gueule, comment veux-tu que les gens ne soient pas gentils?" Cela m'a occupé un peu, et à la fin nous avons échangé nos coordonnées, histoire que je sois son "first french friend". Voilà c'est donc moi l'heureux élu. J'ignore tout de sa sexualité- on ne pourra donc pas me prêter de vilaines pensées-, je sais juste qu'il ne fait pas son âge et qu'il est célibataire. Voilà.
Il pleut sur Paris comme il pleut sur Paris, et je voudrais bien rester au chaud dans le panier du chat.
Enfin la journée commence ainsi, avec de la pluie, un "friend" du Connecticut, un chat roulé en boule, un poulé au boulot, et moi qui serait bien resté sous la couette.
Des fois, je me dis qu'il faut vraiment qu'on s'aime pour que je fasse l'effort de taper ces lignes tous les jours...

Posté par Chronolog à 09:25 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 28 avril 2008

Mort de fatigue

vvg
... et je mourrai pauvre par votre faute.

Je suis claqué, épuisé, vidé. Je passe mes journées pas vraiment assis, souvent debout, service non-stop. J'ai du mal à aligner deux phrases et je discute beaucoup avec les gens qui viennent me voir, et j'ai eu le temps de faire mes calculs: une moyenne de 400 personnes par jour, quelques toiles vendues (comme quoi c'est possible), et une fatigue qu'une nuit de sommeil n'efface pas. Je discute avec des gens de toutes sortes, certains semblent totalement givrés quand d'autres m'intimident par une expression très précise de ce qu'ils ressentent. Je sais que l'expo vaut ce qu'elle vaut et que ce n'est pas merveilleux, que les toiles sont inégales et que j'expose un travail qui trouve ses sources dans le seul besoin de mettre de la couleur sur une toile. C'est donc un peu faible, mais les commentaires des visiteurs m'aident à assumer ces faiblesses.

Certains blogueurs passent, ne se présentent pas et repartent comme ils sont venus. Ce n'est que plus tard que je reçois un petit e.mail. D'autres laissent un mot sur le livre d'Or. D'autres enfin, viennent me parler, parfois se présentent, et parfois ne se font pas connaitre. Mais dans la plupart des cas, il y a comme un sixième sens qui se met en marche. Après quelques phrases échangées hier avec une femme, je pense savoir à qui j'avais à faire. Ce garçon qui a laissé un mot en écrivant le dos tourné et qui s'est enfui, je l'avais remarqué aussi. Un œil sur le livre d'Or me l'a confirmé. Et cet autre garçon aussi, qui tout aussi discrètement, a laissé un mot. Ça défile, ça vient voir, c'est rigolo. Toute une bande de galopins. Enfin j'ai bien remarqué, pas un seul pour acheter une toile...

Hier soir, nous avons mangé une tarte carrée à la pistache, une chose merveilleuse et parfaite. Surtout quand on a marché toute la journée dans la neige, on a besoin de calories.

A l'attention des prochains qui songeraient à me rendre visite, à défaut de m'acheter une toile, je veux bien qu'ils m'apportent un café, ce serait sympa.

Posté par Chronolog à 09:26 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 27 avril 2008

Elevé au Vampire.

vam
Comment dit-on "Cabernet-Sauvignon" avec l'accent Roumain?

J'allais oublier. Monsieur Poulé m'a offert, à son retour de Roumanie, une bouteille de "Vampire", célèèèbre vin roumain. Ben tiens. Mais comme l'écrit Bleu, "c'est chouette".

Je me demande, si quelqu'un voulait tout savoir sur moi, s'il ne pourrait pas contacter la boutique des aéroports roumains, et obtenir des informations sur le mode de règlement de ce voyageur français qui, jeudi, a acheté cette bouteille. Avec un relevé de carte bleue, cela permettrai d'avoir l'identité réelle de Monsieur Poulé, puis, en consultant les Tribunaux d'Instance de Paris, d'identifier la personne avec qui Monsieur Poulé s'est pacsé. De là, il serait alors simple de me laisser un message tout imbibé de cet esprit désagréable qui se base sur l'idée que "si je peux le faire, c'est que j'ai le droit. Sinon, tu n'as qu'a m'attaquer en justice."

Mais bon. On pourrait alors me répondre que me trouver est bien plus simple, aussi aisé que d'étendre les jambes et de mettre les pieds sur les banquettes du métro. C'est vrai. Et il n'y a pas de panneau qui l'interdise, c'est vrai aussi.

Question d'éducation.

Posté par Chronolog à 10:28 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Je ne suis pas Chronolog

gc

... mais cela, êtes vous prête à le comprendre?

"Chronolog" est un blog. C'est le titre du blog. Chrono et puis log.

Quant à moi, qui ne suis pas Chronolog, je peins et j'expose actuellement à Paris.

Je ne souhaite pas le mélange des genres, et me lire ne vous donne aucun droit.

Alors, quand vous écrivez "Chronolog est un artiste", vous vous trompez. Chronolog est un blog. Ce n'est pas la vraie vie. Vous entendez?

Non, je le crains. Vous êtes trop bruyante.

Posté par Chronolog à 00:00 - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 25 avril 2008

Mais à quoi ça servirait?

b

Merci pour votre curiosité, pour vos e.mails, cela me touche, sincèrement. J'en ai reçu pas mal (dans la nuit, ce matin, vous êtes dingues!), merci à Bleu (vous permettez que je vous appelle Bleu?) pour ses bonnes idées et pour son petit texte, mais franchement, non. Ce ne serait pas une bonne idée. Je sais que certains m'en voudront, mais mettez-vous à ma place une seconde...

Posté par Chronolog à 09:27 - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 24 avril 2008

Portes ouvertes (c'est chouette)

bea

Cela fait des années que je m'épanche sur ce blog, que je raconte mes trucs par le menu, et je peux faire ça parce que je conserve un tout relatif anonymat. Tout relatif, mais un peu quand-même. Et on me pose la question "Mais pourquoi tu ne dis pas clairement où et quand est ton expo?"... Ben tiens. Bonjour, je m'appelle Machinchose, voici mon nom et mon adresse, et maintenant que vous connaissez tout de moi, vous que je ne connais pas, venez donc me dire bonjour. Allons....

Cela n'a pas empêché certains lecteurs de venir me rendre visite à l'expo. Hier, par exemple, j'ai eu la visite d'un garçon tout à fait charmant, qui après une courte conversation, a laissé un mot sur le Livre d'Or: "C'est chouette. Bleu".
C'est chouette... Il se moque de moi! Bon, désormais, je SAIS à quoi ressemble ce garçon, et toc. Oui mesdames, il est intelligent, beau, cultivé et bien élevé. J'attends toujours la visite de Sebald, bien que je ne sois même pas certain de sa situation géographique. Et quand j'aurai rencontré ces deux garçons, alors Sylvia sera verte de jalousie. Ambre devrait passer, elle me trouvera facilement, je sens l'huile de rose à 500 mètres.

J'ai eu trois misérables lignes dans un de ces journaux gratuits qu'on distribue dans le métro (ce n'est pas Artpress j'en conviens), je ne vends pas (une toile est éventuellement réservée, mais c'est pas énorme) mais je me vends moi, et c'est énorme. Mes coordonnées sont désormais parties un peu partout dans le monde et cela fera très chic sur ma carte de visite.

Chronolog
Paris    New York    Tokyo    Berlin

Du coup, je suis obligé de me raser tous les matins pour faire propre. C'est incroyable, la vie d'artiste.

Il fait beau sur Paris et c'est tant mieux. Poulé rentre ce soir et c'est bien aussi.

Posté par Chronolog à 10:02 - Commentaires [18] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 23 avril 2008

Tut

chsc "Que m'importe de mourir la truffe dans le vent."

J'ai eu Poulé au téléphone hier soir. Il mange de la viande panée dans un trou paumé au fin-fond de la Roumanie, sous la pluie. Dans sa chambre d'hôtel, il a la télé roumaine en roumain et puis c'est tout. Ouh ça n'allait pas fort.
Quant à moi... j'étais un peu sonné par ce que l'on me dit à l'expo, par les visites que j'ai, les conseils, enfin tout cela est étrange et me fait un peu peur. Oui, en fait je suis un peu "perturbé" parce que cette expo marche vraiment très bien, et même si les toiles ne se vendent pas particulièrement, il y a une foule de contacts qui se créent, des gens aux accents étrangers qui se présentent comme galeristes et veulent mes coordonnées, enfin des trucs qui me dépassent. Un peu comme ce chat: j'ai l'impression d'avoir les pattes trop courtes pour conduire le véhicule sur lequel je suis assis.

Posté par Chronolog à 10:07 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 22 avril 2008

Noroc !

drac Vlad (1434-1476) s'habillait comme une grosse tarlouze.

J'ai mal à la tête. Serait-ce le Brouilly d'hier soir qui brouille ainsi mes neurones?  Bah! Monsieur Poulé est parti en Roumanie voir si les poules ont des dents (deux grandes canines) et ne reviendra que jeudi. J'ai donc le temps de cuver.

M'apportera-t-il un vilain cadeau, comme à son habitude? Parce que ce garçon au goût si sûr a le chic pour me rapporter du bout du monde les pires horreurs. De Buenos-Aires, un petit tapis en patchwork de peau de vache, de Singapour une lanterne en papier avec des perles en plastique et des fleurs pailletées, et seul le chien en chocolat acheté dans un aéroport Ecossais a pu rivaliser avec le petit mug "I Love New York" trouvé à JFK. Je semble me moquer, mais pas du tout. Ce cadeau m'avait beaucoup touché, et le chocolat, ça se mange alors c'est bien. J'ai définitivement un problème avec la lanterne et le tapis, c'est certain. Donc, la question est: quelle horreur me ramènera-t-il de Roumanie (s'il me ramène quelque chose)? Réponse jeudi soir tard.

Je viens de touver sur le web la phrase suivante "L'artisanat roumain est très vivant, même si son style et ses couleurs ne correspondent pas forcément au goût occidental". Je crains le pire.

Hier soir, j'ai retiré de l'argent. Enfin j'ai voulu. J'ai mis la carte dans la machine magique, j'ai tapé mon code (une fois), et eu comme réponse du premier coup: "vous avez composé trois fois un code erroné". Et j'ai eu un ticket en cadeau :

cb1

Ben de rien.

Sinon, à l'expo, les gens viennent me parler, me dire des choses gentilles, encore et encore. C'est cool.

Je viens de relire ce que j'ai écrit. Non je ne me moque pas de Poulé, loin de moi une telle pensée. J'adore quand il me ramène un cadeau, je l'imagine dans une boutique loin de la maison entrain de choisir pour moi un machin tout moche en pensant que son artiste de mari devrait aimer ce genre de saloperie. J'aime quand il a cette image de moi. C'est vrai.

Posté par Chronolog à 09:43 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 20 avril 2008

Foule sentimentale

ww
La plupart du temps, je suis sur le lieu de l'expo. Là, je regarde les gens qui passent, qui regardent ou qui ignorent, qui ralentissent ou qui accélèrent... Ceux qui viennent me parler me donnent au moins autant que je leur ai donné. Ils se dévoilent, me parlent, et à mon grand étonnement, je découvre une sorte de reconnaissance. Parce que les gens trouve ce travail positif, généreux, plein d'amour, et moi, en face, je suis tout décontenancé. Je souris poliment, je remercie, et à chaque fois, on me répond "non, c'est moi qui vous remercie". Quelque chose de très doux, comme si cela rendait les gens heureux de voir ce travail simple et facile d'accès, qui n'exige pas de connaissance ni de référence incroyable.

Ces gens aiment ces portraits et me parlent d'eux, de leur rapport à la beauté, à la frustration de ne trouver toujours que des artistes axés sur leur mal-être, le déséquilibre et la peur. Alors ils me remercient de ce travail tourné vers l'homme et vers ce qu'il peut y avoir de bon en lui. Je suis d'autant plus désarçonné qu'il ne s'agit pas de discours sur l'art que me font ces gens, la plupart sont des gens simples, des passants, des touristes. Pas des collectionneurs ni des amateurs éclairés. Ils viennent et me font des confidences. Je suis très touché, ému parfois. J'écris tout cela ici parce qu'il s'agit de mon journal. Je ne pourrais décemment pas en faire état de cette manière dans un autre cadre.

Posté par Chronolog à 10:51 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »