Chronolog

Encore là ?

mardi 6 mai 2008

Heureux touristes.

bvd

Nous nous sommes donnés rendez-vous à l'extrémité ouest du jardin des Tuileries, au niveau du Jeu de Paume. La place de la Concorde scintille sous le soleil, et je retrouve mon touriste américain, les yeux écarquillés. Pour ses derniers jours à Paris, la ville lui a fait le grand jeu: les marronniers en fleurs, les terrasses et les bassins, les bancs publics,... la totale. Nous décidons de nous installer à une terrasse face au Palais Royal. Je vais retirer de l'argent et, au passage, achète un petit agenda à la boutique de la Comédie Française, pour lui offrir. Il m'explique que son pays ne lui manque pas, qu'il n'a pas envie de repartir, et que son entourage ne pourra jamais comprendre ce qu'il a vécu et ce qu'il a compris de la France. Je commande une assiette de charcuterie et fromages, il mange la tranche de saucisson et s'extasie, il est drôle. Mais il semble si malheureux de devoir partir. Il me fait voir ses photos, ses ballades dans tout Paris, et me dit qu'il a traversé 18 des 20 arrondissements de la capitale. En partant, dans le métro, il retrouve une grande enveloppe blanche, avec une carte, qu'il devait poster à une française. Il n'a pas de timbre, il va devoir partir à l'aéroport, alors je prends le courrier et lui promets de m'en charger. Il s'éloigne à contre-cœur.

Au retour, je traverse la place de la Bastille à pied. La circulation est interdite. Des centaines de CRS bouclent la place, armés, avec leurs boucliers, leurs jambières et leurs casques. Ils ne laissent pas un centimètre de libre pour les passants, qui tentent de se faufiler afin de continuer leur trajet. D'autres arrivent encore, par cars entiers, des convois d'hommes en bleu, matraque à la taille. La place est totalement encerclée, fermée par les hommes coude à coude et les camions garés flanc contre flanc. Une ambiance de merde, de guerre, un truc lourd et agressif, une tension dans l'air créée par leur seule présence. Un silence de mort. Au centre de cet immense vide, une centaine de lycéens, assis par terre, mangent des sandwichs en écoutant de la musique.

Il y a un an, j'avais seulement honte de mon pays. Aujourd'hui, j'étais en colère.

Posté par Chronolog à 16:58 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Il est amoureu-eux ...

Posté par Pierre, mardi 6 mai 2008 à 23:09

Il parait que Joe D. est au plus bas dans les sondages. Ici beaucoup le trouvent ridicule dans son arrogance, et il est la proie rêvée des caricaturistes, souvent dans un même panier avec Poutine et Berlusconi en trio des trois Grâces mythomanes et mégalos. Vomitif.

Posté par ambre, mercredi 7 mai 2008 à 09:52

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