Chronolog

Encore là ?

mardi 13 mai 2008

Au revoir Madame

Elle était toute jeunette, toute jolie, toute souriante. On a papoté pendant une heure, je lui ai offert un jus de fruits, et puis elle est repartie. Voilà. On verra bien. Réponse dans... longtemps!

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L'Histoire Véridique de Chronolog (1)

Il était temps que je vous raconte la vérité.
Car vous ignorez tellement de choses de moi, vous qui pensez si bien me connaître.
Alors voici la première partie de "L'Histoire Véridique de Chronolog".
C'était en décembre, peu de temps avant les Fêtes de fin d'année... Françoise Hardy chantait, et Gainsbourg, avec une longueur d'avance, venait de sortir "69, année érotique"...

Posté par Chronolog à 13:23 - L'Histoire Véridique - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bonjour Madame

Ça fait combien d'années que je ne me suis pas retrouvé dans cette situation de devoir présenter mon travail, en parler avec quelqu'un qui est là pour se faire une idée, le juger, me jauger, et repartir avec ses notes sous le bras et mon avenir dans son cartable? Je vais devoir improviser, ne pas trop me répéter, ne rien oublier, ne pas bavarder, enfin j'espère qu'elle posera des questions. Enfin non. Enfin je ne sais pas. Certaines de mes toiles sont posées là, dans le salon, je suis prêt. Je ne suis pas prêt du tout. Dans une poignée de minutes, on va sonner à l'interphone, la dame va monter, se faire la remarque que pour un artiste, c'est un bien bel immeuble bourgeois, enfin d'un autre côté je n'ai pas d'atelier hein... Enfin j'aurais du arrêter de nourrir le chat depuis deux semaines, histoire qu'il ressemble à un pauvre chat tout maigre et mal nourri histoire de faire pitié, mais je n'ai pas osé. Moi-même j'aurais du me mettre au régime, pour plein d'autres raisons. J'écris n'importe quoi parce que j'ai la trouille, je suis stressé, même si je tente de dédramatiser l'enjeu j'aimerais réellement que mon travail lui plaise et qu'on lui donne "officiellement" une chance, c'est ce que je voulais dire hier mais que j'ai mal formulé. Dans vingt minutes, si elle est ponctuelle, elle fera son entrée, je dirai "bonjour" ou "bonjour madame", je ne sais pas, puis je dirai "entrez je vous en prie" et là je me dirai que cela fait un peu trop sophistiqué et que je dois être simple et décontracté alors que c'est super compliqué et que je ne dois pas raconter toute ma vie à cette dame ce n'est pas une psy bordel, mais il va falloir quand même que je place ce travail dans son contexte, à savoir ma vie, mes préoccupations à l'époque de la Multinationale, comment j'ai repris la peinture sans jamais l'avoir arrêtée, jongler avec les mots et j'ai la trouille et en même temps ce ne serait pas très grave mais je me décevrai de ne même pas être capable de la séduire un peu. Oui, je peux toujours dire que c'est mon travail qui compte et pas ce que je vais dire, mais je sais que c'est faux, les deux sont importants car elle ne va pas découvrir le nouveau Rubens non plus et je vais devoir vendre ma camelote. Mes approximations. Mes envies vieilles comme moi. Depuis toujours. C'est vrai. Je ne me souviens pas de n'avoir pas rêvé de ça. C'est aujourd'hui que cela peut réellement prendre forme, bien plus que l'expo elle-même où le risque, au pire, était de passer inaperçu, ce qui n'était pas si horrible non plus, j'aurais pu trouver plein d'excuses.

Posté par Chronolog à 10:44 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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