mardi 30 juin 2009
Rough Cut
"Vollmond"
Il y a des images qui restent gravées à jamais. Je revois très nettement tant de celles qui composèrent les pièces de Pina Bausch. J'ai eu cette chance d'être dans la salle à plusieurs reprises et, à chaque fois, ému aux larmes.
Voilà.
lundi 29 juin 2009

C'est vrai, c'est difficile de meubler une pièce dont les murs sont courbes.
Et des fauteuils carrés dans un bureau oval, c'est d'un compliqué...
Chacun ses préoccupations donc. En ce qui me concerne, j'ai rendez-vous à l'autre bout de la ville dans un peu plus d'une heure, et pour l'instant, je ne suis ni lavé ni habillé. Mais promis, je serai irréprochable quand je ferai mon entrée dans les bureaux de cette rédaction où j'ai finalement pris mes habitudes. Le temps de finir mon café et d'écrire ces quelques lignes. Mais je serai d'autant plus bref ce matin que s'ajoute l'éventuel repassage d'une chemise. Non, je ne peux pas y aller en pyjama, car je n'en ai pas (sinon, vous pensez bien).
Déjeuner à quatre dont Dj° samedi midi, alors que Paris bruissait d'une Gay Pride en préparation. Je vous le confirme, il est toujours beau et jeune, c'est étonnant.
Toujours sans nouvelles de Sebald ni de Eyck, c'est embêtant ça... Nous sommes donc tous, pour l'instant, suspendus aux lèvres d'Ambre pour qu'après l'été, elle nous dise quand elle sera sur Paris.
Allez hop, bonne journée.
samedi 27 juin 2009
Blonde

Sujet libre.
Recherches Google pour:
LGP : Lycée Georges Pompidou/Laboratoire de Géographie Physique
Essayez ceci: Lyon Glace Patinage
Ah non, ça ne s'appelle plus comme ça depuis longtemps.
LGTP : Entreprise de terrassement par aspiration
LGBP: Laboratoire de Génétique et Biophysique des Plantes
LGBTP: "Lesbienne, Gay, Bisexuel, Transsexuel, Pédé" (selon cubania.com)
Et, sur Wikimedia Commons
LGP: Língua Gestual Portuguesa
LGTP: Did you mean: lamp
LGBP : Did you mean: LGBT
C'est donc LGBT. Mais j'ai eu du mal aujourd'hui.
Thriller
Mercredi, jeudi et vendredi devaient être trois journées de vacances. Poulé avait posé quelques congés, s'était occupé de louer une poulémobile, et, chose exceptionnelle, nous allions sortir de la grande ville. Nous avions prévu de rentrer tous les soirs à la maison, mais de passer chaque journée au vert à visiter la région.
Le premeir matin, ce fut le château de Chantilly et son parc. Collections incroyables et château très élégant, avec, en ce qui me concerne, un faible pour la Grande Singerie, un salon peint de grotesques aussi chinoisantes que fantaisistes, avec des singes savants de partout. Puis ce fut l'abbaye de Royaumont, les canards sur les pelouses, le jardin, et, par hasard, un long moment passé dans le réfectoire vide de tout meuble, seulement un grand espace aux vitraux parfaits, et l'orgue qui ne jouait que pour nous. Enfin, ce fut Auvers sur Oise. La journée fut parfaite.
Le retour sur Paris, comme toujours, est éprouvant. On retrouve les périphériques, les bouchons, les portes, la pollution exécrable, une heure ou deux d'hystérie automobile avant de gagner l'intérieur de la ville, plus agréable. Mais les bienfaits d'une journée au vert sont perdus.
Le lendemain, direction le château d'Ecouen. Poulé m'explique que ce château n'a pas le succès touristique qu'il devrait: entre autres raisons, son emplacement, coincé entre Sarcelles et Garges-lès-Gonesse, n'en fait pas une destination très... attrayante pour les habitants de la région. Finalement, nous avons découvert un énorme bâtiment, dans un parfait état, mais d'un ennui sans fond. Les salles sont sombres, mal éclairées, les collections de vaisselle et d'orfèvrerie alignées dans des vitrines d'un autre âge, et le personnel semble clairement mourir d'ennui. Du coup, ah ah ah, nous en déduisons qu'avoir une voiture nous permettrait, Ô chose exceptionnelle, d'aller chez IKEA. Ce que nous fîmes. Mais le chemin d'Ecouen à la Suède fut un peu difficile, nous avons tourné en rond et les Zones d'activité de Sarcelles, Stains, Villiers-le-Bel ou Gonesse n'ont plus de secret pour nous. Pour conclure, nous avons acheté trois cadres et des serviettes en papier. Ridicule.
Retour sur Paris très éprouvant: nous rentrons totalement vidés, intoxiqués, toussants et crachotants. Le temps est lourd, et nous songeons à rendre la voiture 24 heures plus tôt. J'explique à Poulé que nous pouvons nous reposer, nous laver, et qu'après une bonne nuit, nous irons tranquillement faire une petite balade à la campagne avant de rendre la voiture.
Mais voilà que le lendemain matin (hier donc), en marchant d'un pas léger en direction de notre belle auto, nous réalisons que le marché s'est installé. Je ne réagis pas de suite. Poulé, oui: la voiture à été enlevée dans la nuit. Génial. N'ayant pas de voiture habituellement, nous n'avions pas eu le réflexe d'y prendre garde. Après un détour par la maison, nous localisons la fourrière, prenons le métro, marchons entre périphériques, bretelles d'autoroute et palissades de chantier, pour découvrir ce qui ressemble à la fin du bout du monde, la "préfourrière" de Bercy. Poulé signe un joli chèque, équivalent d'une nuit dans un très joli hôtel de la région, et la dame nous tend un ticket qu'il faudra donner à la sortie. Nous traversons le parking, nous passons devant deux femmes en uniforme qui bavardent, je tiens ostensiblement le petit ticket au cas où, mais elles nous regardent passer sans rien dire. Sous son regard, nous inspectons la voiture, nous l'ouvrons, montons, démarrons, et je tente d'identifier, à proximité de la sortie, une petite cabine, un truc, quelqu'un à qui nous allions donner notre ticket de sortie. Une des deux femmes en uniforme vient alors vers nous en aboyant, vous n'avez pas le droit de monter dans une voiture sans avoir donné votre ticket avant. Je rêve. Elle ne fait pas son boulot, bavarde, puis se retourne contre nous. Le ton qu'elle emploie est très désagréable, nous sommes immédiatement traités comme de dangereux et malhonnêtes voleurs de voiture, et je me demande depuis quand l'uniforme donne à nos fonctionnaires un tel sentiment d'impunité doublé d'une hargne remarquable. En fait, je crois connaitre la réponse. A chaque fois, je songe aux personnes qui n'ont pas les moyens de répondre à ce genre d'attaque, et ces "agents" me font honte.
They told him don't you ever come around here
Don't wanna see your face, you better disappear
The fire's in their eyes and their words are really clear
So beat it, just beat it
Le reste n'est que galère, trouver une station service, affronter les embouteillages, la conduite parisienne, la pollution, le bruit. Il est midi, et épuisés, sales, fourbus, nous rendons la voiture, les papiers, jurant que jamais, tant que cela nous serait possible, nous ne possèderions de voiture. Nous terminons nos trois jours hagards, devant une assiette de pâtes, mais soulagés comme des piétons.
Heureusement, le weekend débute.
PS. J'évoquais quoi, moi, dans ce texte? Ah oui, l'uniforme et le non-droit... Bah, c'est tous les jours.
jeudi 25 juin 2009

Auvers sur Oise, 24 juin 2009
Quand nous avons décidé d'aller à Auvers sur Oise, je craignais de découvrir une sorte de Disneyland, avec des panneaux partout, des boutiques de souvenirs et des centres culturelo-touristiques à chaque pas. Il y avait aussi l'éventualité de découvrir, tout simplement, une petite ville de la grande banlieue sans âme, sans intérêt, avec des immeubles tristes et des rues piétonnes.
Nous nous sommes garés dans le petit parking trouvé à proximité de la gare. De là, on voit, placée un peu en hauteur, l'église d'Auvers. Nous avons grimpé une rue calme et sommes arrivés directement sur l'arrière de l'église. Derrière nous, un mur ancien, et un petit panneau "Cimetière 300 m." Là, au détour de ce mur, à perte de vue, des champs de blé sous le soleil. Nous avons longé les champs, traversé le cimetière, salué la tombe des deux frères, puis sommes ressortis par un autre petite porte en fer. De partout, des océans de blé bruissant.
Quand nous sommes revenus vers le centre, nous avons remarqué une série de petites pancartes indiquant "La maison de Van Gogh". La maison du docteur Gachet n'était pas celle de Van Gogh, et l'auberge Ravoux où il louait une chambre à l'étage encore moins: je ne voyais pas d'autre adresse possible et "La maison de Van Gogh" ne pouvait être qu'un attrape couillon. Là, j'ai soupçonné que finalement, il devait bien exister, ce truc déplaisant, cette boutique, ce petit musée à touristes.
Ruelles escarpées, feuillage débordant des jardins, chemins déserts, escaliers de pierre, et puis l'entrée de cette "Maison". Nous passons notre chemin, et débouchons sur une rue plus importante, sans caractère. Je réalise alors que nous venons de contourner l'arrière de l'auberge Ravoux. Elle est là, intacte, avec ses lettres peintes, reconnaissable. Alors nous faisons demi-tour, entrons dans une petite cour: le lieu est désert, petite cour pavée, un escalier de bois.
Là, le charme semble se rompre: à l'étage, une boutique élégante, avec des bouquins et des machins, et en fond sonore, quelque part, une vidéo qui tourne. Nous demandons aux jeunes femmes ce qu'il est possible de faire, elles nous expliquent que nous pouvons rejoindre le groupe qui regarde la vidéo, dans une salle attenante, avant de profiter de la visite. Est-il possible de visiter juste "comme ça", sans groupe et sans guide? Alors elle se dirige vers une petite porte en bois que nous n'avions pas remarqué, une porte un peu vieillotte avec des carreaux de verre.
"C'est par là". Elle ouvre la porte, et nous laisse entrer dans une très étroite montée d'escalier de bois, un peu biscornue, qui mène sous les toits. Sur le palier, deux minuscules chambres, les portes sont ouvertes. L'une est vide, juste une chaise dans un coin. J'avance d'un pas, hésite, et intimidé, reste finalement dans le couloir. Je regarde la pièce, la lucarne, les murs, le plancher.
Quand nous sommes ressortis, j'avais la gorge serrée et l'envie de rentrer à la maison.
mardi 23 juin 2009
A la vitesse de la m...

C'est drôle comme ce que l'on peut croire acquis peut un jour voler en éclat et être propulsé à grande vitesse à des années lumière de nous. Rarement de façon spectaculaire, élégance oblige.
Par exemple, depuis peu, nos toilettes sont en panne. En fait, elles ont même rendu l'âme. L'ancienne propriétaire, faisant réaménager l'appartement, avait fait installer un sanibroyeur. Passionnant, n'est-ce pas? Il va falloir le remplacer, et j'ai eu le grand bonheur de me pencher sur la question. Au final, nous choisirons un modèle dont la puissance de propulsion est de 60 km/h (je n'invente pas- d'ailleurs, il faudrait être assez tordu pour prendre le temps d'inventer ce genre de choses).
Cela rend philosophe, un tel d'argument de vente.
Après avoir eu ce type de préoccupation, j'ai feuilleté le dernier Elle Déco. Je crains que ce genre de magazine n'endommage nos futures toilettes, alors je prends le temps de le feuilletter, afin de me faire croire que cela pourrait éventuellement avoir une autre utilité. Et là, malgré tous mes efforts, je ne vois pas.
La rédaction s'enthousiasme pour la possibilité merveilleuse qui nous est offerte, désormais, de dormir à la Villa Médicis. Pour 150 euros la nuit, Frédéric Mitterand a "ouvert" un partie de la Villa au monde extérieur, trop "sclérosée" qu'elle était.
Je ne pensais pas que transformer des chambres d'une résidence d'artistes comme la Villa Médicis en hôtel pouvait être considéré comme une "ouverture" de l'institution. J'y vois pour ma part une simple fermeture. Fermeture d'espaces, condamnation de chambres qui auraient pu héberger des artistes, et transformation de ces dites chambres en de sublimes espaces où rêver sur "l'empreinte d'illustres pensionnaires comme Corot, Debussy..." (dixit Elle). "Un lieu de rêve pour passer une nuit sous le signe de l'art." Gnagnagna je vous emmerde.
A 60 km/heure.
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PS, 16h27.
A l'instant où une voix masculine, venue du fin fond des toilettes, me confirme que notre nouveau turbo-caca-propulseur effectivement propulse (à 60km/h, j'y penserai à chaque fois), j'apprends que d'autres partent aussi à une vitesse incroyable... de Rome à Paris.
lundi 22 juin 2009
Et toi Poulé, de quelle planète viens-tu?
Hier soir, Poulé et moi avons regardé "La planète des singes".
Au trois quarts du film, je l'ai entendu murmurer, très sérieux:
"-Je crois qu'en fait, ils sont revenus sur la terre."
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PS: Pierre, ne me dit pas que l'on pourrait intervertir les deux titres.
Troubles de la personnalité
dimanche 21 juin 2009
Endimanché

Toute la collection chez Nagi Noda.
Poulé, absent pour le weekend, a tout de même trouvé le moyen de m'appeler ce matin pour me dire qu'il n'y avait rien sur Chronolog ce matin. Non, il n'y avait rien. De toutes les manières, dès que je me retrouve tout seul, je deviens minable. Hier soir par exemple, je suis allé m'acheter une pitoyable pizza surgelée à 2 euros et j'ai mangé cette tartine de gras à peine tiède devant mon ordinateur. La vision, pour qui serait entré à ce moment, aurait été effrayante. Même le chat a détourné la tête. Ce matin, j'ai retrouvé l'assiette sale là où je l'avais laissée, à savoir par terre à côté de ma chaise de bureau. Je n'ai pas besoin de 24 heures de solitude pour que tout parte à veau l'eau. Un après-midi est amplement suffisant pour que la cuisine soit transformée en poubelle géante, l'appartement en champ de bataille, et moi-même en... Oh non, vous ne pourriez pas me croire... Et puis toutes ces mouches, cela amuse beaucoup le chat. Mais une heure avant le retour de Poulé, je me ressaisirai et à son arrivée, plus rien n'y paraitra. J'aurais même pris ma douche, c'est dire.
Il est un peu plus de midi, nous sommes dimanche, et c'est donc en direct de ma poubelle que je vous écris ce mot. J'ai un peu de mal à atteindre le clavier, mon bureau étant très... encombré. Et, pour ceux qui lisent ce texte (mais pourquoi?), il est aisé de voir que je n'ai ab-so-lu-ment rien à raconter.
Cela n'empêche pas mon naturel enthousiaste et bavard de me pousser à débuter un nouveau paragraphe. Voyez, je tiptaptap continue de taper sur ce clavier, je m'interromps le temps de me refaire un café et hop je reviens dans deux minutes.
...
Me revoici, toujours en caleçon (ah je ne l'avais pas précisé?), toujours désœuvré, et toujours pas lavé. Mais tiptaptap rien ne saurait m'arrêter. Alors que le lecteur -car à ce niveau d'indigence, quel est le plus désœuvré que moi qui a pu atteindre ce paragraphe? et s'il existe, il ne peut pas y en avoir deux- donc disais-je, le seul lecteur qui reste est en train d'abandonner, : je me sens désormais libre taper sur ce clavier sans déranger personne. cbhazdi gfiazbc aizbb cbaziucb jiazbc bazicb skbciauzhfi bzciazuibfiazbci azbcibsjcbazeb csdjc hef hazi fhazu fazicbaizebf azheic azjifb zefb abc azjibf iazebnf. Youpi.
Parce que si j'arrête, je vais devoir considérer ce qui m'entoure, et n'aurai pas d'autre choix que faire du ménage. Et ça je déteste. Mais ai-je le choix? Non.
Alors on y va, on se lance, on s'approche de la fin de ce texte, on retient sa respiration, c'en ai fini de la récréation, allez hop on y va je termine et après je vais faire le ménage c'est promis, ayez une pensée pour moi, allez hop, allez on y va, trois, deux, un, on clique sur publier et c'est fini.