mardi 14 octobre 2008
Il va falloir être courageux
Guillaume Depardieu est mort.
Hier, j'ai diné avec Madame Rio. Après un long parcours, elle a décroché enfin un vrai boulot, exactement ce dont elle pouvait rêver. Mais, armée de sa gentillesse et sa douceur tout brésilienne, elle se trouve désormais confrontée à la méchanceté et à la bêtise, et elle n'arrive plus à faire face. J'en suis d'autant plus touché qu'elle vit exactement ce que j'ai pu vivre à La Multinationale. Alors j'ai commandé une jolie assiette avec plein de trucs dedans, et nous avons bu du vin.
Ce matin, j'accompagnerai notre contrebassiste à la banque afin de l'aider à ouvrir un compte. Lui aussi est venu chercher ce dont tout artiste semble rêver là-bas. Je l'ai accompagné faire des photos d'identité, je lui expliqué comment remplir son formulaire d'abonnement pour les transports, enfin toutes ces choses si compliquées quand on ne parle pas la langue.
J'ai eu un message de notre jeune Américain, qui vient de débarquer. Lui aussi veut quitter son pays, et le trou paumé dans lequel il semble vivre. A son premier séjour en France, il s'était juré qu'il reviendrait, qu'il tenterait de s'installer à Paris. J'irai prendre un moment avec lui, pour voir si je peux être d'une quelconque utilité.
Après tout ça, hier soir, en rentrant, j'ai trouvé Poulé sous la couette, avec une tête d'oiseau mouillé. Là-bas non plus ça ne va pas très fort. Je lui ai fait des bisous dans le cou, car c'est bien le seul conseil que je sois capable de lui donner.
dimanche 12 octobre 2008
Retour à la normale.

Non, faire une image pareille... Je n'aurais pas du.
Il faut toujours avoir un programme précis pour le weekend et s'y tenir. Par exemple, j'avais évoqué l'élection de Mister Bear samedi soir, et bien nous aurions du y aller. Mais à la place de ça, nous avons laissé la vie décider. Nous avons débuté en déjeunant samedi avec un homme qui fait de sales blagues sur les gays (genre les moutons qui sont nerveux, enfin je n'entre pas dans les détails tant ils sont terribles), et l'avons achevé (le weekend, pas l'homme) lors d'un repas de famille à l'occasion du premier anniversaire de Pitipoulé.
Après cette intro aussi fallacieuse que fallacieuse, illustrée d'une image ma foi bien tendancieuse, je corrige le tir.
Nous avons déjeuné avec Djo, toujours aussi jeune avec son écharpe aux rayures si bayadères que n'importe quel gay n'ose plus porter ça. Non je déconne et j'avais dit que j'arrêtais. Donc Djo, toujours aussi élégant, avec un tee-shirt aux rayures si bayadères... Enfin j'étais bien content de le voir, avec son écharpe et son tee-shirt.
Et aujourd'hui donc, repas de famille, durant lequel Maman Poulé a clairement pris l'habitude de me tutoyer, c'est chouette. C'était finalement très... hétéro, comme déjeuner. Je veux dire un dimanche midi, avec le champagne et les belles-mères, les enfants et le nouveau né d'un an, qui a les yeux de son papa. Nous avons évité de justesse la promenade digestive dans le parc, mais il s'en fallait de peu. Mais j'ai beau faire ma langue de pute ce soir (il n'y a pas d'autre mot), j'ai trouvé charmante la petite bougie "1" plantée dans le gâteau. C'est tout bête, mais cela m'a touché. J'ai bien aimé quand le gâteau s'est reçu un bon coup du plat de la main de Pitipoulé: c'était rigolo, c'était son gâteau et il a eu raison.
Ensuite, en sortant, nous avons acheté à la boutique souvenir des trucs pour prouver que nous en avions vus des vrais ce weekend. Nous sommes retournés à la maison, rejoindre nos deux voisins gays d'en dessous, nos deux lesbiennes de l'étage encore en dessous, du gay célibataire juste en dessus, et de notre gay brésilien que nous hébergeons à l'étage encore au dessus.
Retour à la normale donc.
samedi 11 octobre 2008
La mauvaise pensée du jour.
Certains pays ont de la chance. Eux.
Oui je sais, c'est mal de penser comme ça. Mais voilà, ça m'a traversé l'esprit.
vendredi 10 octobre 2008
Quarante
A la demande de Nycboy.
Rendre à Poulé

"Chronolog, son modèle et son Saint-Poulé Protecteur"
Voir l'original de Picasso (moins bien évidemment)
J'ignore si vous en avez vraiment pris conscience, mais Poulé est un Poulé merveilleux. Si. A qui dois-je d'avoir fait cette expo? Hein? Qui m'a trouvé le lieu, des solutions, l'énergie, qui a été là toujours? Poulé.
Et là, comme je l'avais dit, il a abordé il y a quelques jours un garçon en se disant que cela pourrait être un chouette modèle. Comme ça, petit poulé hop hop bonjour monsieur c'est pour mon mari qui est peintre.
Le garçon en question vient de repartir, après que j'ai sorti Raoul de son sac. Il a tout simplement un physique que seul son origine africaine pouvait lui donner (pas Raoul, le modèle). Le genre de garçon qui fait passer n'importe quel blanc pour un tonneau. Un torse très fin, totalement cylindrique, qui, hop, juste avant les aisselles, part presque à angle droit pour doubler en largeur et accueillir les épaules. Et tout ça plein de petites bosses au niveau du ventre et partout tout autour. Le genre de garçon qui n'est génétiquement pas comme...moi.
Enfin il a exactement la silhouette que je cherchais depuis longtemps. Il est d'accord. Il est dispo. Il est sympa. Voilà. Je vais enfin m'attaquer à cette immense toile que Poulé (encore lui) m'a offerte... en décembre dernier. Ca aussi, c'est le genre de trucs... Je n'aurais jamais osé arriver à la maison avec une toile aussi immense et encombrante. Et lui, hop hop, il me l'a apportée.
Poulé ?
Tu es merveilleux, je te l'ai déjà dit cent fois, tu le sais.
A vendre

Mister Bear International 2003
Hier, j'ai envoyé un petit mot pour demander quand (et de quelle manière) les réponses du jury seraient communiquées. La réponse fut brève "Les réponses seront données par courrier dans le courant de la semaine prochaine". J'en ai fait part à Poulé, qui m'a répondu qu'il avait, lui aussi, mené l'enquête, et que la réponse avait été la suivante "...très prochainement par courrier, les entretiens ayant eu lieu la semaine passée."
Les "entretiens" ? Ah non, moi j'ai pas eu ça. J'ai pas eu d'entretien, moi.
La semaine dernière, c'était le jury qui se réunissait. Et s'il y avait eu des entretiens avec les candidats, ils auraient prévenu à l'avance, au moment des inscriptions et des dépôts de dossiers, afin de s'assurer que les gens soient dispos, non? Même si tout le monde ne devait pas y avoir le droit? Mais là, rien.
Deux possibilités donc. Soit le mot entretien a été utilisé pour dire que le jury s'est réuni la semaine dernière, et que ce sont des entretiens "entre eux", et il est donc normal que nulle part, sur aucun document, n'apparaisse l'idée d'entretiens candidats/jury. Soit il y a vraiment eu des entretiens, et dans ce cas, s'ils n'ont prévenu que les intéressés au dernier moment par un coup de fil, cela confirme l'idée de la short list définie à l'avance, et que l'on savait avant même les réunions qui serait envoyé à Perpèt'. Ce principe de short list est de toute manière tout à fait applicable aussi à la première hypothèse.
Même si je ne l'ai pas vu mort, je crois que je peux désormais mettre cette peau en vente. Et pas de souci, je serai bien là, fidèle au poste, en janvier, février, et les mois qui suivront. Cela me donnera tout le temps d'aller chez Gentil Kiné qui hier s'est révélé au dessus de tous mes esp... de toutes mes craintes.
En attendant, pour les Parisiens, demain soir, vous irez assister à l'élection de Mister Bear France 2009, à la Scène Bastille - (2 bis rue des Taillandiers, 11ème). Soirée présentée par Alex Taylor, Ouverture à 19h30 et "spectacle" à 21h00.
jeudi 9 octobre 2008
A des profondeurs abyssales.
Il y a des images, parfois, qui me scotchent sur ma chaise.
Je ne sais pas ce que nous avons (si je sais, nous sommes saturés et blasés), mais il y a des informations incroyables qui arrivent, des découvertes, des grandes premières, enfin des trucs qui valent le premier pas de l'homme sur la lune, mais qui attirent si peu notre attention que l'on peut se demander "mais putain qu'est-ce qu'il leur faut à ces larves pour sursauter, à part leur parler de leur fric ou du cul du voisin? "
Enfin quoi. Il y a quelques jours, nous apprenions qu'il neigeait sur Mars et qu'il y neige peut-être à l'instant où je vous parle. "Ouais on a vu et alors?". Mais enfin, il a neigé sur Mars ! Et ça ne vous fait rien, à vous, de vivre dans un monde où "Il a neigé sur Mars" remporte moins d'attention et d'écho que le dernier mensonge cynique d'Etat?
Bon sang. Il a neigé sur Mars.
Et puis là, je suis tombé sur ces images hypnotiques: si l'on prend le temps de les regarder jusqu'au bout, en imaginant la pression à cette profondeur (7700 m.), l'obscurité complète, enfin là-bas, tout au fond, un endroit de la terre qui n'avait jamais été vu par aucun d'entre nous depuis le début de l'humanité, alors oui elles sont hypnotiques.
Bon sang.
7 700 mètres de profondeur.
Et ils sont là, tranquilles, ils mangent.
Sans savoir qu'il a neigé sur Mars.
Et si ça se trouve, si, eux sont au courant. Mais ne me demandez pas comment, certaines choses sont insondables, et les raisons de mon enthousiasme pour de telles images en font partie.
... Et puis des fois je m'emporte. Comme ça.
On a dit "pas trop fort"...
Georges Kiné
Depuis des siècles (presque), je tente en vain d'obtenir un rendez-vous chez un gentil kiné. Et là, j'en appelle un juste à côté de la maison, qui me répond avec une voix à faire passer une contrebasse pour une flûte à bec: "J'ai un créneau aujourd'hui à 18h30."
Quoi - déjà - là tout de suite comme ça - et je ne sais même pas ce que font vos parents?
Bon d'accord.
Je suis une fille facile, finalement.
Un mot au hasard

Pourquoi payer plus cher en Classe Affaire quand on peut,
pour moins cher, être tout contre son voisin?
Cette photo devait illustrer le texte de notre retour de Florence. Les mains de ce garçon, finalement peu visibles ici, étaient très belles. Elles lui ont été utiles durant le voyage pour feuilleter un petit guide "Parigi" et s'attarder très nettement sur les pages intitulées "Le Marais". C'est dingue les photos que l'on peut prendre sans que les gens ne s'en rendent compte...
Toujours pas de nouvelles de la fusée qui ne m'emmènera pas à Perpèt'. Mais toutes les nuits, j'ai le droit à un rêve sur le sujet. C'est fatiguant à force.
Je viens d'achever une petite vidéo qui me servira d'invitation pour mon anniversaire. Finalement, nous ne louerons pas une aile de Versailles ni un étage de la Tour Eiffel, en hiver tout cela est inchauffable. Nous n'inviterons pas non plus les amis dans ce merveilleux riâââd qui ne nous appartient pas, et ne partirons pas non plus tous ensemble sur ce voilier magnifique pour traverser la méditerranée jusqu'à cette immense maison sicilienne dont nous ne connaissons même pas l'existence. Un repas à la maison fera l'affaire, je ne vais tout de même pas organiser une "boum" samedi après-midi en fermant les volets pour faire plus "boite", tout de même. Mais donc, malgré la simplicité du projet, je me suis fendu d'une petite vidéo rigolote. J'y ai convoqué Line Renaud, Juliette Binoche, Frédéric Michalak, Wentworth Miller et la grosse Madonna, histoire de ne pas choisir que des gens intéressants.
Voilà. Je n'ai pas trop envie d'écrire ici en ce moment: bien que mes journées soient calmes, j'ai un peu l'impression d'y perdre mon temps. Enfin je donne des nouvelles, histoires de faire voir que je suis encore vivant, que je n'ai toujours pas dégoté un rendez-vous chez un kiné -je vais de nouveau tenter, et que j'ai beaucoup de mal à m'intéresser à ce que je dois faire de manière générale.
Sommes allé voir "Rumba", et je me dis que s'ils avaient été moins subjugués par Tati et un peu plus eux-mêmes, ces deux comédiens-clowns auraient fait un film merveilleux. Et c'était seulement très bien. Je retiendrai, hormis la leçon d'anglais, la scène de retour en classe avec les béquilles, ainsi que la guitare jetée très naturellement dans le feu de bois, geste qui m'a valu de manquer les minutes qui suivirent tant je riais.
Allez hop.
lundi 6 octobre 2008
Nature moche

J'ai fait un rêve très désagréable ce matin, juste avant de me réveiller. C'était le jour de la réponse du jury, je savais qu'elle serait négative. Dans une sorte de salle polyvalente étaient exposés les travaux des candidats. Des toiles posées sur des tables de stratifié beige, ou accroché à des cloisons mobiles, ambiance très MJC-lycée tout moche, avec des néons et des escaliers qui distribuaient d'autres salles identiques. Alors que je m'apprêtait à remballer mon travail non retenu, j'aperçu celui de ceux qui ont été "élus". Leurs toiles étaient très laides, des natures mortes mal peintes, et je me mettais soudain en colère.
Poulé, à côté de moi, tente de me calmer mais je débute un vrai scandale, non pas au sujet du refus que j'essuyais, mais parce que la mauvaise qualité des travaux choisis par le jury me révoltait. Parce que cela prouvait que les choix n'avait aucun rapport avec les oeuvres. Je me mettais à beugler, vexé et prêt à tout casser de rage.
Depuis, je me suis réveillé, et j'ai passé une journée de merde.